Directrice générale et administratrice exécutive d’UBA Congo, Mariam Yago Touré réunit plus de vingt-cinq ans d’expérience bancaire. Son parcours au Burkina Faso, dans la banque de détail, le réseau et le secteur public, lui a donné une connaissance des circuits de financement qu’elle mobilise désormais à la direction d’un établissement engagé dans l’économie congolaise.
À Brazzaville, Mariam Yago Touré exerce une responsabilité centrale dans le fonctionnement d’une banque : organiser son développement commercial tout en préservant les ressources et la qualité des engagements qui assurent sa solidité. À la tête d’UBA Congo, elle porte cet arbitrage dans une économie où le financement des entreprises conditionne l’élargissement de la base productive.
Son parcours relie deux dimensions essentielles du métier bancaire. La première concerne la clientèle, ses opérations quotidiennes, son épargne et ses besoins de crédit. La seconde touche aux institutions publiques, à leurs flux financiers et à leurs relations avec les entreprises. Cette double expérience donne une cohérence à son accession à la direction générale : elle rassemble une pratique commerciale du financement et une lecture institutionnelle de l’économie.
Mariam Yago Touré siège également au conseil d’administration d’UBA Congo comme administratrice exécutive. Elle participe ainsi à la gouvernance de l’établissement avec la responsabilité opérationnelle de mettre en œuvre ses orientations.
Une carrière construite au contact des clients et des institutions
En 2009, Mariam Yago Touré rejoint UBA au Burkina Faso à la direction de la banque de détail et du réseau. Cette fonction la place au contact des mécanismes qui font vivre un établissement : collecte des dépôts, distribution des services, animation commerciale et fidélisation de la clientèle.
Le réseau constitue une école exigeante du management bancaire. La stratégie s’y traduit en opérations exécutées, en délais de traitement et en qualité de service. Une orientation commerciale ne produit de résultats que si les équipes disposent des compétences, des outils et de l’organisation nécessaires pour la mettre en œuvre. La relation de confiance avec les clients se construit dans cette continuité entre la décision et son exécution.
En 2018, Mariam Yago Touré prend la direction du secteur public. Son champ de responsabilité s’élargit aux relations financières avec les institutions. Elle aborde alors une autre dimension du métier, marquée par les calendriers budgétaires, les circuits de paiement et les besoins propres aux organismes publics.
Cette expérience apporte une lecture transversale des flux économiques. Les paiements publics irriguent les comptes des fournisseurs, déterminent une partie de leur trésorerie et influencent leur capacité à honorer leurs propres engagements. Pour la banque, comprendre ces circuits permet d’apprécier plus précisément les besoins de financement et les délais auxquels les entreprises sont exposées.
Le passage de ces responsabilités à la direction générale élargit encore le périmètre de décision. Il faut désormais coordonner les métiers, fixer les priorités commerciales et maintenir un équilibre entre les ressources disponibles et les financements accordés. La connaissance des clients devient l’un des fondements d’une responsabilité plus vaste : engager le bilan de la banque dans des conditions compatibles avec sa pérennité.
Financer les entreprises au rythme de leur activité
Au Congo, cette responsabilité s’inscrit dans un besoin de diversification économique. Le diagnostic du secteur privé publié en 2026 par le Groupe de la Banque mondiale identifie notamment des possibilités d’investissement dans le bois transformé, la logistique du corridor Pointe-Noire–Brazzaville, la mouture du maïs et l’aquaculture. Ces secteurs réclament des financements adaptés à leurs cycles de production et de commercialisation.
Un opérateur logistique finance des équipements dont l’utilisation s’étend sur plusieurs années. Une entreprise de transformation agricole doit acheter ses matières premières avant de vendre sa production. Pour chacune, la durée du crédit, les échéances et les conditions de mobilisation des fonds déterminent la capacité à travailler sans déséquilibrer sa trésorerie.
La qualité du financement repose sur cette correspondance entre le prêt et l’activité qu’il soutient. Elle exige de comprendre les commandes, les marges, les délais d’encaissement et la dépendance à certains clients. Le bilan fournit une information indispensable ; l’analyse du fonctionnement commercial permet de saisir la manière dont l’entreprise produit les revenus nécessaires au remboursement.
Ces questions ont occupé une place centrale dans les rencontres bancaires organisées à Brazzaville du 17 au 19 septembre 2026. Mariam Yago Touré y représentait UBA Congo lors du quatrième colloque de l’APEC Congo, couplé au cinquième forum du Club des dirigeants de banques et établissements financiers d’Afrique. Les travaux portaient sur l’intégration régionale, le financement des infrastructures et la résilience financière.
UBA Congo y a défendu plusieurs leviers pour accroître les capacités de financement : gestion de la liquidité, renforcement des fonds propres, syndications, garanties et partage des risques. Ces instruments répondent à une même exigence : permettre aux banques de soutenir des projets tout en conservant une exposition compatible avec leurs ressources.
Pour une direction générale, leur utilisation relève d’un travail d’arbitrage. Une syndication répartit un financement entre plusieurs établissements. Une garantie contribue à couvrir un risque défini. La mobilisation de ressources supplémentaires élargit les moyens d’intervention. Chaque dispositif doit répondre aux caractéristiques du projet et à la capacité de remboursement de l’emprunteur.
La gouvernance comme condition du développement
Le mandat de Mariam Yago Touré associe cette responsabilité financière à une responsabilité d’organisation. Le développement d’un établissement repose sur la coordination entre les équipes commerciales, les opérations, la gestion des risques et les fonctions de contrôle. La circulation de l’information et la clarté des délégations déterminent la qualité des décisions.
La nomination de Sandrine Carmelle Babady à la direction générale adjointe en juillet 2026 complète l’organisation exécutive d’UBA Congo. Son expérience de la banque des grandes entreprises apporte à la direction une connaissance des besoins des clients corporate et de leurs opérations.
À l’échelle de la profession, Mariam Yago Touré exerce également les fonctions de deuxième vice-présidente de l’Association professionnelle des établissements de crédit du Congo. Cette responsabilité étend son intervention aux sujets communs aux banques : financement de l’économie, relations avec les autorités et conditions d’exercice de l’activité bancaire.
Son parcours suit ainsi une progression du réseau vers les institutions, puis vers le pilotage global d’un établissement. À chaque étape, le champ de responsabilité s’élargit autour d’une question constante : comment organiser une relation financière durable entre la banque et les acteurs qu’elle accompagne ?
À la tête d’UBA Congo, cette question prend une dimension stratégique. Le pays a besoin d’entreprises capables d’investir, de produire et de développer des marchés. Leur financement exige des banques disposant des ressources, des compétences et de la solidité nécessaires pour les accompagner dans la durée. C’est dans cette articulation entre connaissance du client, allocation du capital et discipline de gestion que s’inscrit le mandat de Mariam Yago Touré.
Mérimé Wilson





