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Anthony Samzun prépare Pointe-Noire au changement de taille du commerce maritime

À la tête de Congo Terminal, Anthony Samzun conduit une phase d’expansion qui doit renforcer la place de Pointe-Noire dans les échanges régionaux. Le financement du Môle Est et sa mise en service annoncée pour 2027 donnent une nouvelle portée à son expérience des ports africains. Son défi sera de convertir les capacités supplémentaires en performance commerciale, tout en maîtrisant la transition opérationnelle et les besoins en compétences.

Un quai ne prend sa valeur économique que lorsque les navires y reviennent. Pour Anthony Samzun, l’extension de Congo Terminal au Môle Est engage donc bien davantage qu’un chantier de génie civil. Elle doit permettre à Pointe-Noire de traiter de nouveaux volumes, de servir les armateurs et de soutenir les chaînes logistiques de la sous-région. Le dirigeant se trouve au point où l’investissement physique doit devenir une promesse de service crédible.

En mars 2025, Congo Terminal a annoncé un accord de financement de 150,88 milliards de francs CFA, soit 230 millions d’euros, pour cette extension. Le tour de table bancaire a été conduit par Crédit du Congo et Attijariwafa bank, avec la participation d’établissements implantés au Congo. L’opération illustre la capacité du système financier local à accompagner une infrastructure privée de grande taille. Elle crée aussi une exigence de rendement dans la durée.

À l’approche de l’échéance de mise en service annoncée pour 2027, Samzun doit préparer l’exploitation du nouvel outil tout en maintenant les activités existantes. Les travaux et la conduite quotidienne du terminal obéissent à des calendriers différents. Leur coordination constitue une responsabilité centrale du directeur général : les clients continuent d’attendre une prestation régulière pendant que l’entreprise organise son changement d’échelle.

Une carrière construite dans les ports africains

Son parcours commence en 1997 à Abidjan, chez Getma International, comme responsable d’exploitation. En 2000, il rejoint SAGA à Libreville comme chef d’agence. Ces premières fonctions le placent dans l’exécution concrète de la logistique, avec ses impératifs de délais, de documentation et de coordination entre intervenants. La qualité du service dépend de l’articulation de nombreuses décisions dont aucune ne peut être considérée isolément.

Il dirige ensuite plusieurs terminaux, dont Douala International Terminal au Cameroun, Owendo au Gabon et Conakry Terminal en Guinée. Formé à la gestion et au management à l’Université Montpellier-I, il acquiert ainsi une expérience de plateformes confrontées à des environnements commerciaux et administratifs distincts. Cette mobilité apporte un point de comparaison utile pour distinguer les méthodes reproductibles des réponses propres à chaque site.

Nommé à Congo Terminal à compter du 1er août 2021, il retrouve un pays où il avait déjà exercé des responsabilités d’exploitation. Son arrivée ne relève donc pas d’une découverte du marché congolais. Elle intervient dans la continuité d’un parcours régional, avec un mandat centré sur une plateforme dont les activités servent à la fois les échanges nationaux et les flux de transbordement.

La distinction est essentielle pour comprendre son pouvoir économique. Un conteneur qui passe par Pointe-Noire n’est pas nécessairement destiné au consommateur congolais. Le transbordement permet de réorienter des marchandises entre navires et vers d’autres marchés. Développer cette activité suppose d’être attractif dans les réseaux des armateurs, au-delà de la seule croissance de la demande intérieure.

Le capital engagé doit rencontrer les flux

Le Môle Est doit accueillir un nouveau quai de 750 mètres, avec une profondeur annoncée de 17 mètres. Ces caractéristiques visent l’évolution de la taille des navires et des opérations portuaires. Elles créent une possibilité commerciale, dont l’utilisation dépendra ensuite des dessertes maritimes, des volumes confiés au terminal et de sa capacité à traiter les escales dans les conditions convenues.

Le financement s’inscrit dans un horizon long : la concession de Congo Terminal a été prolongée jusqu’à fin 2050 dans le cadre de l’extension. Cette durée donne une visibilité nécessaire à l’amortissement des investissements. Elle engage aussi l’entreprise dans une relation durable avec l’autorité portuaire et l’économie du pays. La robustesse du contrat doit s’accompagner d’une performance d’exploitation qui demeure compétitive.

Pour Samzun, le changement de taille demande donc une vigilance particulière sur l’utilisation des équipements. Un investissement supplémentaire accroît les capacités, mais aussi les charges à supporter. Les gains attendus doivent se traduire dans les délais, la fiabilité et le coût de traitement. La logique économique du projet se vérifiera dans cette conversion des moyens nouveaux en service effectivement acheté.

L’expérience accumulée dans plusieurs ports africains constitue ici un atout professionnel précis. Elle permet d’aborder les interactions entre les opérations, la maintenance, les ressources humaines et la relation commerciale. Le terminal doit fonctionner comme un ensemble : la disponibilité d’un portique dépend des équipes qui l’entretiennent, tandis que la fluidité du parc conditionne les mouvements à quai.

Préparer les compétences du nouveau terminal

Le développement des infrastructures rend aussi plus importante la formation locale. Les équipements modernes réclament des compétences de conduite et de maintenance, ainsi qu’une maîtrise des systèmes d’information. Dans cette industrie, le savoir-faire ne se limite pas à l’utilisation d’une machine. Il comprend l’organisation des opérations et la prévention des risques pour les personnes.

La certification environnementale ISO 14001 annoncée par Congo Terminal en 2026 s’inscrit dans cette formalisation des méthodes. Elle fournit un cadre de management et d’amélioration des pratiques. Les choix d’équipements électriques prévus pour le Môle Est poursuivent une autre dimension du même effort : agir sur les conditions techniques de l’exploitation. Leurs effets devront être suivis une fois les installations en fonctionnement.

Le mandat d’Anthony Samzun se lit ainsi dans une articulation entre expérience d’exploitation et responsabilité d’investissement. Le projet ne sera pleinement réussi que si la transition conserve la qualité du service et permet de capter durablement les trafics recherchés. Pour le Congo, l’intérêt réside dans une plateforme capable de mieux relier son économie aux marchés et de renforcer les échanges avec les pays voisins, dont la RDC. C’est sur cette utilité régionale que le changement d’échelle de Pointe-Noire doit produire ses effets.

Oswald M

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