Elyas El Bakkali, la finance comme colonne vertébrale de l’énergie

Directeur Financier de Puma Energy au Congo, formé à Toulouse Business School, Elyas El Bakkali appartient à cette génération de dirigeants financiers qui font tourner, dans l’ombre des directions générales, les grandes filiales énergétiques d’Afrique centrale. Distingué parmi les 200 figures incarnant le Congo de demain, il incarne la montée en puissance des fonctions finance dans la gouvernance des entreprises de la sous-région.
Le secteur de la distribution des produits pétroliers est l’un des plus exigeants qui soient pour un directeur financier. Volumes considérables, marges unitaires étroites, exposition aux fluctuations des cours et des devises, intensité capitalistique des infrastructures de stockage et des réseaux de stations-service : chaque paramètre de l’équation économique exige un pilotage financier d’une précision absolue. C’est dans cet environnement qu’évolue Elyas El Bakkali, Directeur Financier de Puma Energy au Congo, basé à Brazzaville.
Une formation d’excellence, un parcours international
Diplômé de Toulouse Business School, l’une des grandes écoles de management françaises, Elyas El Bakkali a construit son expertise dans les environnements industriels et manufacturiers avant de rejoindre le secteur de l’énergie. Son profil correspond à un standard désormais recherché par les multinationales opérant en Afrique : une formation académique de niveau international, une expérience éprouvée des fonctions financières en environnement complexe, et une capacité à opérer au plus près du terrain.
Ce type de parcours illustre une évolution de fond dans les groupes énergétiques présents sur le continent : la fonction finance n’y est plus cantonnée au reporting et au contrôle. Elle est devenue un organe stratégique à part entière, impliqué dans les décisions d’investissement, la gestion des risques de change et de contrepartie, l’optimisation du besoin en fonds de roulement et le dialogue avec les régulateurs et les partenaires bancaires.
Puma Energy au Congo, une position historique
L’entreprise qu’il sert au plan financier occupe une place singulière dans le paysage énergétique congolais. C’est par le Congo-Brazzaville que Puma Energy, groupe suisse de mid et downstream pétrolier majoritairement détenu par le négociant Trafigura, a fait son entrée sur le marché africain en 2002, avant de s’étendre au Ghana, au Mozambique, au Nigeria, en Côte d’Ivoire, en République démocratique du Congo et en Angola, jusqu’à devenir l’un des premiers investisseurs du secteur downstream subsaharien.
Le Congo n’est donc pas une filiale parmi d’autres : c’est le berceau africain du groupe, qui y opère depuis son siège de l’avenue Maréchal Lyautey à Brazzaville un dispositif couvrant la distribution de carburants, le réseau de stations-service et les solutions énergétiques aux entreprises, des secteurs agricoles aux industries extractives. Dans un pays où la performance logistique et la fiabilité de l’approvisionnement en produits pétroliers conditionnent l’activité de pans entiers de l’économie, la solidité financière de l’opérateur est un enjeu qui dépasse ses propres comptes.
Une voix sur les enjeux de logistique et de formation
Au-delà de ses fonctions, Elyas El Bakkali s’implique dans les débats qui structurent l’avenir économique de la sous-région. On l’a ainsi vu intervenir en panel sur l’innovation dans la logistique portée par les jeunes, un sujet qu’il juge insuffisamment traité dans le débat public. La conviction sous-jacente mérite d’être soulignée : dans les économies d’Afrique centrale, enclavement et coûts logistiques constituent l’un des premiers freins à la compétitivité, et les solutions viendront autant de l’ingéniosité des nouvelles générations que des grands investissements d’infrastructure.
Cette attention à la relève se retrouve dans son relais actif du programme Jeunes Diplômés de Puma Energy, ouvert notamment aux étudiants du Congo-Brazzaville et de la zone francophone. Le geste peut sembler modeste, il est en réalité stratégique : la guerre des talents financiers et techniques fait rage dans le secteur énergétique africain, et les groupes qui investissent dans la formation locale des cadres se construisent un avantage durable.
Parmi les 200 figures du Congo de demain
La reconnaissance est venue récemment, avec une élégance dont il a lui-même souri : c’est au détour d’une conversation qu’Elyas El Bakkali a appris sa nomination parmi les 200 figures incarnant le Congo de demain. La distinction dit quelque chose de l’évolution des représentations : les figures de l’avenir économique congolais ne sont plus seulement les fondateurs d’entreprises et les directeurs généraux, mais aussi ces professionnels de haut niveau qui, aux postes clés des grandes filiales internationales, font la démonstration quotidienne que l’excellence opérationnelle se construit aussi depuis Brazzaville.
Son parcours adresse enfin un message aux jeunes financiers de la sous-région : les grandes carrières de la finance d’entreprise ne se jouent pas uniquement à Paris, Londres ou Casablanca. Elles se construisent aussi, et de plus en plus, au cœur des marchés en croissance, là où la complexité de l’environnement fait la valeur de l’expertise. À ce titre, Elyas El Bakkali est bien plus qu’un directeur financier : il est le visage d’une nouvelle géographie du talent.
Oswald F



