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Michael Kayembe, le banquier de terrain chargé de transformer l’ambition congolaise d’UBA

La nomination de Michael Kayembe à la direction générale d’UBA RDC marque une nouvelle étape dans la stratégie de développement de la banque panafricaine en République démocratique du Congo. Depuis décembre 2025, ce banquier congolais expérimenté porte la responsabilité de renforcer la présence de l’institution, d’améliorer sa performance opérationnelle et de soutenir ses ambitions de croissance sur l’un des marchés financiers les plus prometteurs du continent.

Pour conduire cette transformation, UBA a choisi un dirigeant qui maîtrise à la fois les standards internationaux de la banque d’entreprises et les réalités opérationnelles du marché congolais. Michael Kayembe a construit son parcours entre Kinshasa, Lubumbashi et Goma, trois espaces économiques stratégiques dont les besoins financiers, les structures productives et les contraintes exigent des approches bancaires différentes.

Son profil réunit ainsi trois dimensions essentielles : la discipline acquise au sein d’un groupe financier international, l’expérience de la gestion territoriale dans une grande banque congolaise et une connaissance approfondie des entreprises opérant en RDC.

Citi, l’école des standards bancaires internationaux

Michael Kayembe a passé plus de quatorze années au sein de Citigroup Congo. Cette longue séquence professionnelle constitue le socle de son expertise bancaire.

Il y a exercé des responsabilités dans la gestion de succursale, la relation avec les grandes entreprises, le Corporate Banking et le Global Network Banking. Ces fonctions l’ont placé au contact direct des multinationales, des grandes entreprises congolaises et des organisations ayant besoin de solutions financières adaptées à des opérations complexes.

Son passage par Lubumbashi lui a permis d’évoluer au cœur de l’économie minière congolaise. La capitale du Haut-Katanga concentre une part importante des investissements industriels, des flux commerciaux internationaux et des activités logistiques du pays. Dans cet environnement, le rôle d’un banquier dépasse la simple distribution de crédits. Il exige une compréhension précise des cycles de trésorerie, des risques de contrepartie, des besoins en fonds de roulement, du financement du commerce et des opérations transfrontalières.

Chez Citi, Michael Kayembe s’est familiarisé avec une culture bancaire fondée sur la conformité, la maîtrise du risque, la documentation des opérations et la qualité de l’exécution. Ces disciplines constituent des compétences déterminantes pour diriger une banque dans un marché où la croissance doit rester compatible avec les exigences réglementaires et prudentielles.

En accédant à la responsabilité des activités de Corporate Banking et de Global Network Banking, il a élargi son champ d’action. Il ne s’agissait plus seulement de gérer un portefeuille de clients, mais d’articuler les besoins locaux des entreprises avec les capacités financières et les infrastructures internationales du groupe.

Cette expérience lui a donné une lecture globale des relations entre financement, investissement, commerce international et développement des entreprises. Elle a également consolidé sa capacité à dialoguer avec les directions financières, les investisseurs, les institutions et les décideurs économiques.

Rawbank, l’expérience du commandement territorial

L’arrivée de Michael Kayembe chez Rawbank en juillet 2023 ouvre une deuxième étape structurante de sa carrière. Il quitte l’environnement d’une banque internationale largement orientée vers la clientèle institutionnelle et les grandes entreprises pour rejoindre une institution congolaise disposant d’une empreinte territoriale étendue.

Nommé directeur régional pour l’Est de la RDC, il prend en charge les opérations de la banque dans une zone économique aussi dynamique que complexe. Depuis Goma, il supervise la relation avec les clients, le risque de crédit, le risque opérationnel et la gestion de plus de 200 collaborateurs.

Cette fonction lui apporte une véritable expérience du commandement bancaire territorial. Elle l’oblige à conjuguer développement commercial, continuité des opérations, management des équipes et maîtrise des risques dans un environnement marqué par des contraintes sécuritaires, logistiques et économiques importantes.

Le passage par Goma renforce également sa connaissance des économies provinciales. L’activité bancaire dans l’Est du pays repose sur des réalités différentes de celles de Kinshasa ou du Haut-Katanga : forte présence du commerce, poids des PME, mobilité des capitaux, importance des transactions transfrontalières et nécessité d’assurer la disponibilité permanente des services financiers.

En mai 2025, Michael Kayembe accède à la direction nationale du Corporate & Investment Banking de Rawbank. Cette évolution le ramène à son domaine d’expertise principal, avec une compréhension plus complète de la chaîne bancaire. Il maîtrise désormais aussi bien la structuration des relations avec les grandes entreprises que l’exécution des opérations dans les provinces.

Cette double expérience constitue un atout majeur pour la direction d’une banque universelle. Elle lui permet de comprendre les attentes des grandes entreprises, les réalités des réseaux d’agences, les contraintes des équipes opérationnelles et les besoins des économies régionales.

Une formation orientée vers le management et la stratégie

Michael Kayembe est titulaire d’un Bachelor of Business Administration d’Oglethorpe University et d’un Master of Business Administration de Kennesaw State University, aux États-Unis.

Sa formation en administration des entreprises, management et marketing complète son expérience financière. Elle éclaire un profil qui ne se limite pas à la technicité bancaire. Son parcours repose sur une combinaison entre analyse financière, stratégie commerciale, connaissance du marché, organisation des équipes et développement des relations avec les entreprises.

Cette approche managériale correspond aux responsabilités d’un directeur général. Diriger une banque ne consiste pas uniquement à maîtriser les mécanismes du crédit ou de la trésorerie. La fonction exige également de mobiliser les collaborateurs, d’allouer efficacement les ressources, de définir des priorités commerciales, de renforcer la gouvernance et de construire une organisation capable d’exécuter une stratégie à grande échelle.

Le mandat d’une croissance disciplinée

À la tête d’UBA RDC, Michael Kayembe prend les commandes d’une institution engagée dans une phase d’expansion. Le plan stratégique 2024-2028 prévoit un renforcement significatif du réseau et fixe un objectif de 1,8 milliard de dollars de dépôts à l’horizon 2028. La banque entend également porter son réseau de trois agences en 2024 à 21 implantations en 2028.

Cette ambition place la direction générale devant plusieurs impératifs simultanés. L’extension du réseau doit générer une croissance réelle des dépôts, des transactions, du portefeuille de crédits et des revenus. Elle doit également préserver la qualité des actifs, la conformité réglementaire, la maîtrise des coûts et la solidité des dispositifs de contrôle.

Dans un pays aussi vaste que la RDC, la croissance bancaire ne peut reposer uniquement sur l’ouverture d’agences physiques. Elle exige une articulation efficace entre présence territoriale, digitalisation des services, sécurisation des transactions et amélioration de l’expérience client.

Michael Kayembe dispose d’une expérience directement liée à ces enjeux. Son parcours dans la banque d’entreprises lui donne les outils nécessaires pour accompagner les grands groupes, les institutions et les projets structurants. Son passage à la tête des opérations de Rawbank dans l’Est lui apporte une compréhension concrète des besoins des provinces, des commerçants, des PME et des équipes de terrain.

Cette connaissance territoriale protège UBA RDC d’une stratégie exclusivement centrée sur Kinshasa. Le marché congolais rassemble plusieurs pôles économiques distincts. Kinshasa concentre les institutions, les sièges sociaux et une grande partie des services. Le Haut-Katanga demeure structuré par les industries extractives et leurs chaînes de sous-traitance. Le Kongo-Central bénéficie de sa position logistique et portuaire. L’Est s’appuie sur le commerce, les échanges transfrontaliers et un tissu entrepreneurial particulièrement actif.

Une stratégie bancaire nationale doit tenir compte de cette diversité. La pertinence du modèle de distribution, la qualité de l’analyse du risque et l’efficacité de l’allocation du capital dépendent directement de cette compréhension des territoires.

Une direction congolaise au service d’une ambition panafricaine

La nomination de Michael Kayembe illustre également la progression des cadres congolais vers les plus hautes responsabilités dans les groupes financiers internationaux présents en RDC.

Cette évolution dépasse la dimension symbolique. Une direction locale crée de la valeur lorsqu’elle transforme sa connaissance du marché en décisions plus précises, en délais d’exécution plus courts, en produits mieux adaptés et en relations plus solides avec les clients, les institutions et les autorités de régulation.

Le parcours de Michael Kayembe réunit les composantes nécessaires à cette mission. Citi lui a transmis les standards internationaux de la banque d’entreprises. Rawbank lui a donné une expérience approfondie du marché local, de la gestion territoriale et du pilotage d’équipes nombreuses. Sa formation américaine a consolidé sa maîtrise du management et de la stratégie commerciale.

Sa direction générale ouvre désormais une nouvelle phase de responsabilité. Il ne pilote plus un segment d’activité, une région ou un portefeuille de clients. Il porte la performance globale d’une institution bancaire, la cohérence de sa stratégie, la qualité de ses opérations et la solidité de sa gouvernance.

Le mandat de Michael Kayembe sera jugé sur sa capacité à transformer les ambitions d’UBA RDC en résultats durables : élargissement de la clientèle, mobilisation des dépôts, développement maîtrisé du crédit, progression des services numériques, amélioration de l’efficacité opérationnelle et maintien d’une discipline rigoureuse du risque.

De Lubumbashi à Goma, puis de la banque internationale à la direction d’une filiale panafricaine, Michael Kayembe a construit une carrière au contact des centres de décision et des réalités du terrain. À la tête d’UBA RDC, il dispose désormais du pouvoir d’action nécessaire pour convertir cette expérience en transformation institutionnelle.

Mérimé Wilson

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