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BCI Congo : Ibrahim Dohia Traoré nommé directeur général pour accélérer la transformation de la banque

Le Conseil d’administration de la Banque Commerciale Internationale (BCI) a nommé l’Ivoirien Ibrahim Dohia Traoré au poste de directeur général. Derrière ce changement de gouvernance se dessine un choix stratégique : confier la filiale congolaise du groupe Banque Centrale Populaire à un dirigeant qui a passé une grande partie de sa carrière à l’intersection de la banque de détail, de la technologie et de la transformation des réseaux africains.

À Brazzaville, la BCI ouvre une nouvelle séquence. Le 11 septembre 2026, son Conseil d’administration a acté la nomination d’Ibrahim Dohia Traoré à la direction générale de la banque, sous réserve de l’approbation des autorités locales et réglementaires. Il succède à André Gilles Ernest Collet, qui quitte ses fonctions après sept années à la tête de l’établissement.

La nomination intervient quelques jours seulement après une première étape réglementaire. Le 3 septembre, la Direction générale des institutions financières nationales du Congo avait annoncé la remise de l’arrêté portant agrément d’Ibrahim Dohia Traoré comme directeur général adjoint de la BCI. Sa désignation huit jours plus tard par le Conseil d’administration pour prendre la direction générale traduit ainsi une accélération du processus de succession au sommet de la banque.

Mais l’intérêt de cette nomination dépasse le simple changement de dirigeant. Le profil choisi par le groupe BCP donne une indication assez précise sur les priorités qui devraient structurer le prochain cycle de la BCI : distribution bancaire, transformation digitale, organisation, performance commerciale et intégration des nouvelles technologies au cœur du modèle opérationnel.

De la technologie au pilotage de banques africaines

Ibrahim Dohia Traoré revendique 27 années d’expérience dans la finance et les technologies de l’information. Depuis 2022, il exerçait comme directeur exécutif de BCP International chargé de la Banque de détail à l’international. Une fonction particulièrement exposée puisqu’il supervisait un périmètre de 15 banques dans 14 pays d’Afrique subsaharienne, tout en représentant le groupe au sein des conseils d’administration de plusieurs filiales.

Cette dimension régionale constitue probablement l’un des éléments les plus significatifs de son parcours. Elle l’a placé au contact de marchés bancaires aux niveaux de maturité différents, des problématiques de distribution, de rentabilité, de digitalisation et d’adaptation des offres aux réalités locales.

Avant cette responsabilité, il avait déjà progressivement évolué du pilotage technologique vers les métiers bancaires. Entre 2020 et 2022, il dirige le Pôle Banque de détail d’Atlantic Business International, la holding subsaharienne du groupe BCP en Afrique de l’Ouest. De 2014 à 2020, il avait la responsabilité du Pôle Organisation et Système d’information. Plus tôt encore, entre 2006 et 2014, il dirige Atlantique Technologie, structure chargée des activités technologiques des filiales d’ABI.

Cette trajectoire n’est pas anodine. Elle forme un dirigeant qui connaît la banque par ses infrastructures avant de la piloter par ses métiers. Dans un secteur où la performance commerciale dépend désormais directement de la qualité des systèmes d’information, de la donnée, des moyens de paiement, de l’expérience client et de la capacité à industrialiser les processus, cette double culture constitue un axe central de lecture de sa nomination.

Un mandat placé sous le signe d’ACT 2030

Son arrivée intervient alors que le groupe BCP cherche à poursuivre la transformation de sa filiale congolaise dans le cadre de son plan stratégique ACT 2030. La BCI assigne au nouveau dirigeant plusieurs objectifs : accélérer sa dynamique de développement, renforcer ses performances et poursuivre ses ambitions en matière de croissance, de transformation et d’innovation.

La banque arrive déjà à cette transition avec plusieurs chantiers engagés. En 2025, elle avait notamment poursuivi la modernisation de son système d’information avec la migration de son cœur bancaire vers Amplitude Up, parallèlement au développement de solutions digitales et à l’évolution de son dispositif de distribution.

La question sera désormais celle de l’exécution.

Ibrahim Dohia Traoré passe en effet d’une responsabilité transversale couvrant plusieurs marchés africains au pilotage direct d’une banque universelle sur un marché national. Il devra transformer l’expérience acquise à l’échelle régionale en résultats opérationnels au Congo : conquête et fidélisation de la clientèle, financement des entreprises, efficacité du réseau, développement du digital, maîtrise des risques et amélioration durable de la performance.

Son arrivée permet également au groupe BCP d’installer à Brazzaville un cadre issu de son propre dispositif panafricain. Présent dans 32 pays, dont 18 en Afrique, le groupe marocain dispose d’implantations bancaires, financières, assurantielles et technologiques dans plusieurs régions du continent. La BCI devient ainsi un terrain supplémentaire où cette expérience accumulée à l’échelle africaine devra se traduire concrètement.

Une formation entre informatique, finance et gouvernance

Le parcours académique du nouveau dirigeant épouse cette évolution professionnelle. Diplômé en informatique de l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, Ibrahim Dohia Traoré est également titulaire d’un MBA spécialisé en management financier de l’ESG Paris. Il a complété ce parcours par un certificat d’administrateur de banques délivré par l’Institut Marocain des Administrateurs en collaboration avec l’Université Internationale de Rabat, ainsi que par un Advanced Management Program de MDE Business School et de l’IESE Business School de Barcelone.

À la BCI Congo, cette combinaison entre technologie, management bancaire et gouvernance sera désormais confrontée à l’épreuve d’un marché précis. Après sept années sous André Gilles Ernest Collet, la banque change de dirigeant mais surtout de cycle. Avec Ibrahim Dohia Traoré, le groupe BCP confie les commandes à l’un de ses cadres connaissant de l’intérieur ses métiers de banque de détail en Afrique.

La prochaine étape sera moins celle de la nomination que celle des résultats : mesurer jusqu’où cette expérience régionale pourra accélérer la transformation, l’innovation et le positionnement de la BCI dans le paysage bancaire congolais.

Mérimé Wilson

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