Ingénieur formé à l’Université de Kinshasa, passé par les directions marketing d’Airtel en RDC et au Gabon, puis par la direction générale à Madagascar, Eddy Kapuku dirige aujourd’hui Airtel Seychelles. Son parcours associe connaissance des réseaux, compréhension des clients et responsabilités de management sur plusieurs marchés africains.
En juillet 2026, Airtel Seychelles lance ses services 5G, avec des offres destinées aux utilisateurs mobiles et aux foyers. À la tête de l’opérateur, Eddy Kapuku accompagne une nouvelle étape technologique dont l’enjeu dépasse la vitesse de connexion : proposer des services suffisamment utiles, fiables et accessibles pour trouver leur place dans la vie quotidienne. Le lancement s’accompagne d’un partenariat avec la Seychelles Broadcasting Corporation, rapprochant infrastructures de télécommunications et contenus locaux. Cette articulation entre réseau et usages éclaire le parcours du dirigeant congolais.
Avant de piloter des entreprises de télécommunications, Eddy Kapuku s’est formé à leurs fondements techniques. Ingénieur civil polytechnicien en électromécanique, diplômé de l’Université de Kinshasa, il fait ses premiers pas dans le secteur en 2007 comme ingénieur en télécommunications. Il élargit ensuite son expérience aux activités commerciales, au marketing et au développement de produits. Cette progression dessine un profil capable d’aborder une même activité sous deux angles complémentaires : les capacités de l’infrastructure et les besoins auxquels elle doit répondre.
Son parcours commercial se précise en 2010 chez Zain, où il intervient dans le développement de la valeur client. Chez Airtel RDC, il devient, en avril 2011, responsable marketing des usages et de la fidélisation. La fonction touche à une question essentielle pour tout opérateur : comment construire une relation durable avec un abonné dans un environnement où celui-ci peut comparer les offres et répartir ses dépenses entre plusieurs réseaux ?
À partir d’avril 2013, il prend la responsabilité des segments jeunes et grand public, puis, en juillet 2014, celle de la segmentation et de l’analyse des données commerciales. La succession de ces postes donne une cohérence à son évolution. Développer les usages, comprendre les différences entre catégories de clients et exploiter les données constituent autant de moyens d’ajuster les offres à la demande. Dans les télécommunications, cette connaissance du marché pèse directement sur les décisions tarifaires, la conception des produits et les priorités commerciales.
En mai 2015, Eddy Kapuku rejoint Airtel Gabon comme directeur marketing. Il revient ensuite en RDC, où il exerce la même responsabilité de janvier 2016 à avril 2019. Ces expériences l’amènent à travailler sur des marchés distincts, avec leurs propres habitudes de consommation et contraintes opérationnelles. Elles inscrivent progressivement sa carrière dans la dimension internationale du groupe. Ses responsabilités marketing au Gabon et en RDC sont également documentées lors de sa nomination ultérieure à Madagascar.
Avril 2019 marque le passage à la direction générale d’Airtel Madagascar. Le changement est substantiel : la responsabilité s’étend désormais à l’ensemble de l’entreprise, aux arbitrages entre investissements et développement commercial, ainsi qu’aux relations avec les partenaires institutionnels. Lors de sa prise de fonction, Eddy Kapuku met en avant trois priorités : l’inclusion financière, la réduction de la fracture numérique et le déploiement du réseau. Il présente notamment le mobile money comme un instrument susceptible de faciliter et de sécuriser les activités génératrices de revenus, en milieu rural comme en ville.
Cette période comprend aussi l’introduction de nouveaux services. En mars 2023, Airtel Madagascar lance l’eSIM, permettant aux utilisateurs de téléphones compatibles d’accéder au réseau sans carte SIM physique. Eddy Kapuku souligne alors la souplesse d’utilisation de cette technologie et la simplification du parcours client. L’innovation rejoint ici un sujet qu’il connaît depuis ses premières responsabilités marketing : réduire les obstacles à l’usage d’un service.
Son arrivée à la tête d’Airtel Seychelles, en 2023, ouvre un autre chapitre. Dans un entretien accordé à Seychelles Nation en août de cette année, il place l’expérience client au premier rang de ses priorités, en commençant par la disponibilité et la qualité du réseau. Il insiste également sur les contenus, les besoins des entreprises et l’accès à l’éducation. Ces orientations permettent de lire sa conception du métier : la performance technique prend tout son sens lorsqu’elle soutient des usages concrets.
Plusieurs partenariats donnent une traduction tangible à cette approche. En décembre 2024, Airtel Seychelles et la Seychelles Broadcasting Corporation mettent en place un dispositif facilitant l’écoute des radios et des contenus audio locaux sur smartphone. Les abonnés bénéficient d’une enveloppe quotidienne de 50 Mo gratuits pour accéder à ces services. Après l’arrêt de la diffusion en ondes moyennes de Radyo Sesel, cette collaboration apporte un autre moyen de maintenir l’accès à l’information et aux programmes locaux.
En juillet 2026, Eddy Kapuku signe également un accord en faveur de l’établissement secondaire de La Digue. Le partenariat prévoit une connexion par fibre à haut débit et des équipements informatiques destinés à moderniser son laboratoire d’apprentissage numérique. Pour un opérateur, ce type d’intervention rapproche deux conditions indispensables à l’accès au numérique : disposer d’une connexion et pouvoir effectivement s’en servir.
La singularité d’Eddy Kapuku tient à cette continuité entre ingénierie, connaissance des clients et direction d’entreprise. Son parcours montre comment une expertise construite en RDC peut s’élargir à des responsabilités sur plusieurs marchés africains, tout en conservant un même objet de travail : rendre la technologie pertinente pour ses utilisateurs. À la tête d’Airtel Seychelles, le lancement de la 5G ouvre de nouvelles possibilités. Leur valeur se mesurera dans la qualité du service, l’accessibilité des offres et la capacité à répondre aux besoins des particuliers comme des entreprises.
Mérimé Wilson





