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Bernard Beya, de la maîtrise des revenus au pilotage de Liquid en RDC

Directeur général de Liquid Intelligent Technologies en République démocratique du Congo depuis le 1er avril 2026, Bernard Beya a construit sa carrière au cœur des mécanismes financiers des télécommunications. Après Tigo, Orange et Orange Money, il prend les commandes d’un opérateur d’infrastructures et de services numériques avec une responsabilité majeure : convertir les ambitions technologiques en une croissance solide et durable.

Dans les télécommunications, un réseau transporte des données, mais sa pérennité dépend aussi de flux moins visibles : les revenus facturés, les paiements encaissés, la trésorerie disponible et les investissements correctement dimensionnés. Bernard Beya a consacré une large partie de sa carrière à maîtriser ces mécanismes. Son accession à la direction générale de Liquid Intelligent Technologies en RDC prolonge cette trajectoire, en élargissant son champ de responsabilité à la stratégie, aux opérations et au développement commercial.

Entré chez Liquid en septembre 2022 comme directeur financier, il assure la direction générale par intérim à partir de novembre 2025, avant d’être confirmé dans ses fonctions avec effet au 1er avril 2026. Annoncée officiellement le 13 juillet, cette nomination place à la tête des opérations congolaises un dirigeant déjà familiarisé avec les équilibres internes de l’entreprise et les réalités de son marché.

Son parcours permet de comprendre les compétences sur lesquelles repose cette promotion. Avant de piloter une entreprise technologique, Bernard Beya a appris à suivre la création de valeur jusque dans ses détails opérationnels.

Après une expérience de chef comptable chez Peloustore entre février 2006 et septembre 2007, il rejoint Millicom, sous la marque Tigo, en octobre 2007 comme comptable senior. En juillet 2009, il devient responsable de l’administration de la facturation. Il intervient alors sur les services prépayés et postpayés, l’itinérance et l’interconnexion, tout en supervisant les cycles de facturation, le recouvrement, la validation des revenus et le contrôle des tarifs.

Cette étape constitue une articulation essentielle de sa carrière. La facturation relie les systèmes techniques aux résultats financiers : une communication doit être correctement enregistrée, valorisée, puis convertie en revenu encaissé. Les responsabilités exercées par Bernard Beya l’exposent ainsi aux interactions entre technologie, politique commerciale et discipline financière.

En octobre 2014, il prend la tête du département comptable de Tigo à Kinshasa. Deux ans plus tard, il occupe cette même fonction chez Orange, où il reste jusqu’en juin 2021. Liquid souligne également son rôle dans le rapprochement entre Tigo et Orange en RDC, une expérience qui ajoute à son parcours la dimension des transformations organisationnelles.

Son passage à la direction financière d’Orange Money, entre juillet 2021 et août 2022, élargit ensuite son expérience aux services financiers mobiles. À la connaissance des revenus télécoms s’ajoute celle d’une activité où la fiabilité des opérations, la maîtrise des flux et les exigences de contrôle occupent une place centrale.

Sa formation accompagne cette progression. Diplômé en gestion comptable et financière de l’Institut supérieur de commerce de Kinshasa, il complète son cursus par un Executive Master en gestion et droit de l’entreprise à l’Université de Liège, obtenu en 2016. Un certificat d’expertise en microfinance de la Frankfurt School of Finance & Management vient enrichir cet ensemble en 2022.

Chez Liquid, cette combinaison trouve un terrain d’application concret. Dans sa biographie officielle, l’entreprise lui attribue le rétablissement d’une trésorerie positive grâce à une meilleure gestion du besoin en fonds de roulement, ainsi que le renforcement de la facturation, du recouvrement et du contrôle interne. Elle fait également état de réductions des coûts opérationnels. Ces résultats, rapportés par le groupe, éclairent le socle financier sur lequel s’appuie son accession à la direction générale.

La fonction qu’il exerce désormais exige toutefois davantage que la maîtrise des comptes. Liquid propose en RDC des solutions de connectivité, de cloud et de cybersécurité. Son développement suppose de rapprocher ces capacités technologiques des besoins effectifs des entreprises et des institutions : continuité des activités, accès aux applications, protection des données et qualité de service.

Pour Bernard Beya, l’enjeu stratégique consiste donc à articuler investissements, fiabilité opérationnelle et demande commerciale. Son expérience financière peut constituer un atout dans ces arbitrages : apprécier le coût d’une expansion, mesurer les conditions de sa rentabilité et préserver les ressources nécessaires à son exécution.

Lors de sa nomination, il a placé parmi ses priorités la consolidation des bases opérationnelles et financières de Liquid RDC, ainsi que l’élargissement de l’accès à la connectivité, au cloud, à la cybersécurité, à la colocation et aux capacités de calcul pour l’intelligence artificielle. Une feuille de route qui engage l’entreprise au-delà du transport de données, vers l’accompagnement des usages numériques.

La singularité de Bernard Beya tient à cette progression depuis les mécanismes précis du revenu jusqu’à la responsabilité globale de l’entreprise. Son nouveau mandat permettra d’en apprécier la portée : faire de la discipline financière un moyen de soutenir l’investissement, la qualité du service et la croissance des activités numériques en RDC.

Mérimé Wilson

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