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Jean-Espoir Bakatuinamina, une expertise congolaise au cœur de la gouvernance de Citi

Responsable juridique pour le périmètre Congo-Gabon et chargé de la gouvernance d’un ensemble régional de Citi, Jean-Espoir Bakatuinamina a construit son parcours entre pratique bancaire, droit des affaires et recherche. Une trajectoire qui éclaire le rôle stratégique des juristes dans la solidité des institutions financières africaines.

La décision d’un conseil d’administration, la signature d’un financement ou l’exécution d’une saisie sur un compte peuvent engager durablement une banque. La maîtrise de ces mécanismes touche à sa capacité à agir et à préserver la confiance de ses partenaires. Le parcours de Jean-Espoir Bakatuinamina s’est construit au croisement de ces enjeux. Formé en RDC, passé par UBA et Bank of Africa, le juriste congolais exerce aujourd’hui chez Citi des responsabilités qui associent direction juridique et gouvernance à une échelle régionale.

Depuis août 2026, il exerce les fonctions de General Counsel Congo-Gabon, associées à la responsabilité de la gouvernance du Central Africa Sub-Cluster de Citi. Son intitulé professionnel comprend également les fonctions de Company Secretary et le grade de Senior Vice President. Basé à Kinshasa, il conjugue ainsi un périmètre juridique couvrant la RDC et le Gabon avec une mission régionale de gouvernance. Cette nouvelle étape prolonge l’élargissement de ses responsabilités intervenu en septembre 2025, lorsqu’il a pris en charge la coordination de la gouvernance des entités de ce sous-ensemble africain du groupe.

L’intérêt de cette évolution tient à la nature du travail qu’elle recouvre. Dans un réseau bancaire international, la gouvernance suppose d’articuler les règles locales, les responsabilités des organes sociaux et les exigences internes du groupe. Une décision doit être prise par l’autorité compétente, documentée et inscrite dans un dispositif de contrôle cohérent. Passer d’une filiale à plusieurs juridictions élargit donc considérablement la complexité du métier : la cohérence recherchée à l’échelle du groupe doit composer avec des cadres nationaux distincts.

Cette lecture du droit au contact des opérations s’est construite progressivement. En août 2010, Jean-Espoir Bakatuinamina rejoint UBA RDC, où il intervient dans les domaines juridique et de la conformité, assure le secrétariat de la société et exerce des responsabilités intérimaires à la tête des ressources humaines. Il poursuit ensuite sa carrière à Bank of Africa RDC, à partir de 2011, avec des fonctions associant direction juridique, conformité et secrétariat des organes sociaux. Ces expériences le placent à l’intersection du fonctionnement de l’entreprise bancaire et de ses obligations réglementaires.

En juin 2017, il rejoint Citigroup Congo SA comme directeur juridique et secrétaire général. Il y exerce pendant plus de neuf ans, avant l’évolution de son poste en août 2026. Cette période constitue l’ancrage congolais de son parcours chez Citi. La place de la direction juridique dans le dispositif de la filiale est significative : elle siège notamment au comité de coordination du pays, instance où les principaux responsables examinent les questions importantes relatives à la banque et à ses risques. Le droit participe ainsi au processus de décision aux côtés de la finance, des opérations, de la conformité et de la gestion des risques.

Son expertise repose également sur une formation continuellement approfondie. Diplômé en droit de l’Université protestante au Congo, il y obtient un master professionnel en droit et contentieux des affaires OHADA. Il complète ce socle par une certification en conformité en 2013, puis par un master 2 en droit international de l’environnement à l’Université de Limoges en 2021. À Paris-Dauphine-PSL, il a engagé un parcours doctoral en droit consacré à la gouvernance d’entreprise. Cette articulation entre pratique et recherche se retrouve dans ses publications.

Dès 2018, il examine dans la Revue du droit des affaires en Afrique les rapports entre le paiement par une banque dans le cadre d’une saisie-attribution et les normes de sécurité financière de l’espace OHADA. Le sujet touche à une difficulté concrète du métier : articuler l’exécution d’une obligation juridique avec les contrôles auxquels une institution financière est soumise. En juillet 2024, dans la même revue, il consacre une étude à la représentation des femmes dans les conseils d’administration des banques de l’espace OHADA. Le regard se déplace alors des opérations vers la composition des instances qui les supervisent.

Le rapprochement de ces travaux éclaire sa manière d’aborder la gouvernance : par les mécanismes qui organisent l’action bancaire, mais aussi par les personnes auxquelles le pouvoir de décision est confié. Cette double entrée donne une dimension particulière à son profil. Le praticien travaille sur les règles qui encadrent la banque ; le chercheur interroge l’organisation de ses responsabilités et de ses organes de direction.

Depuis janvier 2024, Jean-Espoir Bakatuinamina préside également la commission juridique de l’Association congolaise des banques. Cette responsabilité situe son expertise à l’échelle de la profession bancaire en RDC. Les questions de sécurité des transactions, de droit des sociétés et d’application des textes concernent, en effet, l’ensemble des établissements. Membre de l’Institut international de droit d’expression et d’inspiration françaises et de l’European Corporate Governance Institute, il inscrit aussi son activité dans des réseaux de réflexion juridique et de gouvernance.

D’UBA à Bank of Africa, puis de Citigroup Congo à un périmètre régional de Citi, sa trajectoire montre comment une expertise développée en RDC peut trouver une application au-delà de son marché d’origine. Elle met surtout en lumière une composante essentielle du leadership bancaire : l’organisation du pouvoir et de la responsabilité. Pour les institutions qui accompagnent les entreprises et les échanges africains, la qualité de cette organisation conditionne la solidité des décisions. C’est à cet endroit précis que se situe aujourd’hui le travail de Jean-Espoir Bakatuinamina.

Mérimé Wilson

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