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Henry Wazne, l’esprit d’entreprise au cœur de la banque congolaise

Administrateur directeur général de Sofibanque depuis 2012, Henry Wazne a accompagné la montée en puissance d’un établissement devenu l’un des acteurs importants du marché bancaire de la République démocratique du Congo. Formé au droit et passé par le commerce international, il porte une ambition désormais confrontée au défi du changement d’échelle : financer davantage, moderniser l’organisation et préserver la maîtrise des risques.

Henry Wazne connaît l’entreprise depuis l’intérieur. Avant de prendre les commandes de Sofibanque, ce titulaire d’une maîtrise en droit de l’Université de Nice Sophia-Antipolis a exercé des fonctions de directeur général dans le négoce international et la promotion immobilière. Son parcours permet de comprendre l’attention qu’il accorde aux besoins opérationnels des clients : la circulation de l’argent, les délais d’exécution et la capacité à tenir un engagement commercial. Chez lui, la pratique des affaires précède la responsabilité bancaire.

Cette trajectoire s’inscrit dans une histoire familiale présente en Afrique depuis trois générations. Son frère, Fadi Wazni, a développé ses activités dans la logistique et les mines en Guinée. Henry Wazne a construit son parcours dans les services financiers en RDC. Deux trajectoires issues d’un même environnement entrepreneurial, qui illustrent la manière dont une transmission familiale peut déboucher sur des spécialisations et des ancrages économiques distincts.

Lorsqu’il accède à la direction générale de Sofibanque en 2012, l’établissement est encore jeune. Ouverte à Kinshasa en 2010, la banque doit développer sa clientèle et trouver sa place dans un marché concurrentiel. Son modèle repose sur une relation personnalisée avec les particuliers et les entreprises, avec une attention portée à la rapidité et à l’adaptation des solutions proposées. Henry Wazne va inscrire son action dans cette logique de proximité.

Quatorze ans plus tard, les dimensions de l’institution ont profondément évolué. Pour l’exercice 2025, Sofibanque annonce un résultat net de 39 millions de dollars, en progression de 33 %, et un total de bilan de 1,44 milliard de dollars. Son portefeuille de crédits atteint 695,5 millions de dollars, contre 526 millions un an auparavant. Ces résultats, publiés en septembre 2026, donnent une mesure concrète de la croissance de l’établissement sous sa direction.

La progression du crédit apporte un éclairage particulier sur cette trajectoire. Elle traduit une augmentation des financements accordés à la clientèle et engage davantage la responsabilité du banquier dans la sélection et le suivi des risques. Sofibanque indique notamment avoir renforcé son accompagnement des grands acteurs économiques dans le Grand Katanga. Pour Henry Wazne, la croissance ouvre donc un double chantier : élargir la capacité d’intervention de la banque et adapter son fonctionnement à des opérations plus importantes.

C’est précisément sur cette articulation qu’il insiste aujourd’hui. Dans un entretien publié par Forbes Afrique le 24 septembre 2026, il affirme : « Avant de vouloir croître, il faut consolider ce que nous avons ». Cette priorité éclaire sa lecture du métier. À mesure qu’une banque grandit, ses procédures, ses compétences et ses outils doivent progresser avec elle. La consolidation devient une condition de la continuité du développement.

Son programme de transformation associe plusieurs dimensions. À l’occasion de la publication du rapport annuel 2025, Henry Wazne met en avant le renforcement de l’organisation interne, la montée en compétences des équipes, l’accélération numérique et l’accompagnement personnalisé des clients. Cette combinaison révèle un enjeu managérial central : rendre les opérations plus efficaces tout en conservant la connaissance des situations particulières qui fonde la relation commerciale.

La modernisation comporte également un travail moins visible sur la conformité. Dès novembre 2024, il expliquait avoir investi dans la formation du personnel, l’appui de cabinets spécialisés et les outils informatiques de prévention et de filtrage. Ces investissements renseignent sur les exigences qui accompagnent l’expansion d’une banque : la qualité du contrôle doit évoluer avec le volume et la complexité des transactions.

Son engagement entrepreneurial s’étend aussi à l’assurance. En 2019, il participe, avec des partenaires, à la création de la Société financière d’assurance, SFA. Cette diversification prolonge son implantation dans les services financiers congolais. Elle rapproche deux fonctions essentielles à la vie économique : apporter des ressources pour réaliser les projets et organiser la couverture des risques qui peuvent les fragiliser.

Henry Wazne occupe par ailleurs les fonctions de premier vice-président de l’Association congolaise des banques et de vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie franco-congolaise. Il est également conseiller du commerce extérieur de la France. Ces responsabilités le placent au croisement de la représentation bancaire, des échanges commerciaux et du dialogue avec les entreprises. Elles donnent à son parcours une dimension professionnelle collective, au-delà de la direction de Sofibanque.

Le changement d’échelle de la banque ouvre désormais une nouvelle étape de son parcours de dirigeant. La proximité, longtemps portée par la connaissance directe des clients et du terrain, doit pouvoir s’exercer dans une organisation plus vaste. Pour Henry Wazne, l’enjeu est de faire vivre cette culture entrepreneuriale à travers des équipes, des systèmes et des décisions capables de soutenir durablement les ambitions de ses clients.

Mérimé Wilson

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