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Danièle Sassou Nguesso, de l’entrepreneuriat au défi industriel congolais

À la direction générale des Plateformes Industrielles du Congo Pointe-Noire, Danièle Sassou Nguesso ouvre un nouveau chapitre de son parcours. Entrepreneure dans l’optique, fondatrice de la Fondation Sounga et engagée dans l’autonomisation des femmes, elle prend désormais des responsabilités au cœur d’un chantier stratégique : développer les conditions de la transformation locale.

Des voies d’accès à aménager, une alimentation électrique à renforcer, des entreprises à accompagner dans leur implantation. À Pointe-Noire, l’industrialisation se construit à travers des décisions concrètes. En prenant, en octobre 2026, la direction générale des Plateformes Industrielles du Congo Pointe-Noire (PICP), Danièle Sassou Nguesso entre au cœur de cette mécanique. Une audience avec le ministre du Développement industriel, Michel Djombo, en présence du vice-président d’ARISE IIP, Romain V. Deniel, a déjà placé les infrastructures routières et électriques parmi les dossiers prioritaires.

Dans son annonce de nomination, relayée par PICP, la dirigeante met en avant la valorisation des ressources africaines, la création de valeur ajoutée locale et le développement d’industries créatrices d’emplois. Elle insiste également sur la dimension collective de cette responsabilité : « rien de grand ne se construit seul ». Une conviction dont l’application prendra désormais la forme d’une coordination entre équipes, partenaires industriels, investisseurs et pouvoirs publics.

L’entreprise constitue le premier fil conducteur de sa trajectoire. Après un premier cycle d’études médicales, Danièle Sassou Nguesso s’oriente vers l’optique et la lunetterie. Diplômée de l’École supérieure des opticiens de Paris, elle commence sa carrière chez Grand Optical, avant de choisir l’entrepreneuriat en Afrique. En 2003, elle ouvre un premier magasin à Libreville. Une deuxième implantation suit à Franceville, en 2005, puis son activité s’étend notamment au Congo et à Kinshasa.

Avec Médical Optique, elle évolue dans un commerce spécialisé où se rencontrent les exigences de santé, la technicité des équipements et la qualité du service. Cette expérience donne à son parcours une assise entrepreneuriale concrète : développer une offre, organiser une activité et construire une relation durable avec une clientèle. Elle précède les engagements associatifs et les responsabilités qui élargiront progressivement son champ d’intervention.

À partir de 2008, son action prend également une dimension sociale avec l’association Le Petit Samaritain, tournée vers les personnes démunies et les orphelins du Congo. La création de la Fondation Sounga, en 2015, prolonge cet engagement autour d’une ambition économique : aider les femmes à acquérir davantage d’autonomie en leur donnant les moyens de développer leurs activités. La formation et l’accès au financement occupent une place centrale dans cette démarche.

L’incubateur Sounga Nga, créé en 2016, en constitue l’un des instruments les plus concrets. Son accompagnement couvre l’étude de marché, la construction de l’offre, les questions juridiques, la comptabilité et la commercialisation. Le dispositif cherche à consolider des entreprises et à faciliter leur formalisation. En juin 2023, la troisième édition s’est achevée par une remise de diplômes à dix-neuf participantes, après un programme de sept semaines consacré à l’entrepreneuriat et au développement personnel.

Ce travail éclaire une dimension essentielle de son engagement : l’autonomie économique suppose des compétences, des outils de gestion et la capacité de défendre un projet. L’Académie du leadership féminin complète cette approche par des formations et des échanges d’expérience destinés à renforcer les aptitudes managériales et la confiance des participantes. Ses sessions à Brazzaville, Pointe-Noire et Kinshasa donnent à cette ambition une portée qui dépasse les frontières congolaises.

Danièle Sassou Nguesso exerce également les fonctions de secrétaire générale du Mouvement des Femmes Actives du Congo. Sa formation en politique et management du développement à Sciences Po accompagne cette articulation entre entreprise, engagement collectif et réflexion sur les politiques publiques. Son ouvrage Genre et développement en République du Congo, publié chez L’Harmattan en 2016, explore précisément le lien entre l’égalité entre les femmes et les hommes et le développement du pays. Cette réflexion inscrit la participation économique féminine dans une question plus large : celle des capacités productives qu’une société peut mobiliser.

Sa prise de fonction à PICP introduit un changement considérable de secteur et d’échelle. Les Plateformes Industrielles du Congo reposent sur un partenariat public-privé associant ARISE IIP, à hauteur de 70 %, et l’État congolais, à hauteur de 30 %. Leur modèle vise à regrouper des entreprises dans des espaces aménagés, avec des infrastructures et des services susceptibles de faciliter leur développement. À Pointe-Noire, les filières ciblées comprennent notamment la transformation du bois, l’agroalimentaire, les métaux et les minerais.

Les dossiers abordés avec le ministère dessinent les premières exigences de cette nouvelle responsabilité. L’accès à la zone et la disponibilité de l’électricité conditionnent directement les décisions d’implantation. Ils rappellent qu’une ambition industrielle doit s’appuyer sur une organisation opérationnelle capable de rendre la production possible, régulière et compétitive. L’attractivité d’une plateforme se construit dans cette continuité entre les engagements pris et les conditions effectivement offertes aux entreprises.

À terme, la portée économique du projet pourra s’apprécier à travers les unités de production installées, les emplois durables, les compétences développées et les relations nouées avec les fournisseurs locaux. Son expérience auprès des entrepreneures ouvre, à cet égard, une perspective intéressante : la place que les petites et moyennes entreprises pourront trouver dans les chaînes d’approvisionnement et de services liées à l’industrie. Cette articulation reste à construire, mais elle donne une profondeur particulière à son nouveau mandat.

Danièle Sassou Nguesso aborde ainsi une étape où se rencontrent plusieurs dimensions de son parcours : l’entreprise qu’elle a pratiquée, l’autonomie économique qu’elle a défendue et la transformation productive qu’elle est désormais appelée à accompagner. À Pointe-Noire, leur point de convergence est concret : contribuer à créer les conditions pour que davantage d’activités, de compétences et de valeur se développent au Congo.

Mérimé Wilson

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