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Francesco De Musso, le banquier du contrôle devenu artisan de la montée en puissance de BGFIBank RDC

Dans un marché bancaire congolais à la fois prometteur, disputé et structurellement complexe, Francesco De Musso avance avec un profil singulier. Il n’est pas d’abord l’homme des effets d’annonce, mais celui des fondamentaux : risque, conformité, contrôle interne, gouvernance, discipline financière, qualité de service. À la tête de BGFIBank RDC depuis 2021, il incarne une génération de dirigeants bancaires pour qui la croissance ne vaut que si elle repose sur des bases solides.

Sa nomination à la direction de BGFIBank RDC s’inscrit dans une logique de continuité interne au sein du Groupe BGFIBank. Administrateur Directeur Général de BGFIBank Europe depuis 2016, Francesco De Musso a été promu Administrateur Directeur Général de BGFIBank RDC après avoir rejoint BGFI Holding Corporation en 2013 comme Inspecteur Général Groupe et Responsable du Pôle Contrôle. À ce poste, il supervisait notamment l’organisation, l’exécution du plan annuel de contrôle de l’Inspection Générale, le suivi des affaires spéciales et l’animation de la filière Audit Interne du groupe.

Ce détail éclaire toute sa trajectoire. Francesco De Musso n’est pas arrivé à Kinshasa comme un pur commercial de banque, mais comme un dirigeant formé à la mécanique profonde de l’institution financière. Avant BGFIBank, son parcours l’a conduit de Positive Planet, ex-PlaNet Finance, à Mazars, puis à Havas Group, GE Money Bank et au Groupe BPCE, où il a exercé en République du Congo comme Inspecteur général puis Directeur Risques et Conformité de la Banque Commerciale Internationale. Cette progression dit une chose : sa culture professionnelle s’est construite à l’intersection de l’audit, du risque, de la conformité et du pilotage stratégique.

À Kinshasa, cette grammaire du contrôle prend une valeur particulière. La RDC est l’un des marchés bancaires les plus stratégiques d’Afrique centrale, mais aussi l’un des plus exigeants : dollarisation élevée, poids déterminant du secteur extractif, demande croissante de financement des entreprises, besoin d’inclusion financière, concurrence concentrée autour de quelques grands acteurs. Dans ce contexte, diriger une banque ne consiste pas seulement à ouvrir des agences ou à distribuer du crédit. Il faut arbitrer, sécuriser, segmenter, digitaliser, maîtriser les risques et bâtir la confiance.

Sous sa conduite, BGFIBank RDC a franchi une étape visible. Selon le rapport intégré 2025 du Groupe BGFIBank, la filiale comptait, au terme de l’exercice, 26 agences et guichets avancés, 192 collaborateurs contre 180 fin 2024, et célébrait ses 15 années de présence en RDC. La banque a également enregistré en 2025 une hausse significative de son produit net bancaire, estimée à +56 %, ainsi qu’un résultat net de 13,1 millions de dollars, au-dessus des attentes.

La progression est d’autant plus notable qu’elle intervient dans un marché fortement concurrentiel. À fin 2025, BGFIBank RDC a franchi le seuil de 3 % de part de marché en dépôts et dépassé 4 % de part de marché en crédits. Le rapport du groupe indique que la banque se situait autour de la 8e place du marché congolais à fin 2025, avec l’ambition d’intégrer le Top 5 en ressources et en emplois dans les trois prochaines années.

La méthode De Musso repose sur une double logique : conquérir sans disperser, croître sans fragiliser. BGFIBank RDC a renforcé son portefeuille de crédits en ciblant les secteurs les plus structurants de l’économie congolaise : mines, cuivre, cobalt, pétrole, BTP, administration publique, commerce international et instruments de garantie. Cette orientation répond à la réalité de l’économie congolaise, où les chaînes de valeur extractives restent centrales, mais où les besoins de financement des sous-traitants, des entreprises locales et des acteurs de services montent en puissance.

L’un des marqueurs de cette stratégie est le lancement de solutions adaptées aux besoins du terrain. En 2025, BGFIBank RDC a notamment introduit BGFIMines Flex, conçu pour le financement des sous-traitants miniers, ainsi que des offres de crédit-bail, d’avances sur salaires ou factures, et une gamme renforcée de services transactionnels. La banque a également enrichi son offre digitale avec RAKKACash, devenu interopérable avec les services de mobile money en RDC, un enjeu clé dans un pays où l’accès aux services financiers reste encore inégal.

Cette orientation digitale n’est pas un simple argument marketing. Elle répond à une contrainte majeure : comment bancariser davantage dans un pays vaste, fragmenté, où les distances, les infrastructures et les habitudes de paiement imposent de penser autrement la relation bancaire ? Dès ses premières prises de parole comme dirigeant de la filiale, Francesco De Musso insistait sur l’ambition de numériser les activités et d’accompagner les entreprises congolaises dans leurs projets de développement.

Le bilan du cycle stratégique « Dynamique 2025 » donne la mesure du redressement. Entre 2021 et 2025, le total bilan de BGFIBank RDC est passé de 157,4 millions à 618,6 millions de dollars, les dépôts clients de 53,6 millions à 450,4 millions de dollars, les crédits nets de 78 millions à 331,8 millions de dollars, tandis que le résultat net est passé de -1,3 million de dollars en 2021 à +13,2 millions de dollars en 2025. Le rapport du groupe souligne ainsi une quatrième année consécutive de rentabilité.

L’autre dimension centrale de son mandat tient à la conformité. BGFIBank RDC bénéficie des certifications ISO 9001, PCI-DSS et AML 30000, cette dernière étant dédiée à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Dans un secteur où la crédibilité d’une banque dépend autant de sa capacité commerciale que de sa robustesse réglementaire, cette architecture de conformité constitue un avantage stratégique.

Mais la singularité de Francesco De Musso tient peut-être à cette combinaison rare : il connaît le contrôle, mais ne réduit pas la banque au contrôle ; il défend la rigueur, mais comprend que l’institution financière doit aussi être un outil de transformation économique. Sa participation aux débats sur la transformation du secteur bancaire, notamment autour de la relation entre banques traditionnelles, fintechs et nouveaux acteurs financiers, confirme ce positionnement : le banquier de demain ne peut plus se contenter de protéger son périmètre, il doit apprendre à construire des alliances stratégiques.

Dans l’écosystème économique congolais, cette posture a son importance. La RDC a besoin de banques capables de financer l’économie réelle, de soutenir les entreprises locales, d’accompagner les opérateurs miniers et leurs sous-traitants, mais aussi de développer des solutions plus accessibles pour les particuliers, les PME et les entrepreneurs. C’est précisément sur cette ligne de crête que BGFIBank RDC tente de se positionner : une banque de grands comptes, mais aussi une banque plus segmentée, plus digitale, plus proche des besoins du marché.

Francesco De Musso ne porte donc pas seulement une fonction. Il incarne une transition : celle d’une banque africaine qui veut grandir sans perdre la maîtrise de ses risques ; celle d’une filiale congolaise qui cherche à passer d’un positionnement de consolidation à une logique de conquête ; celle, enfin, d’un leadership bancaire où la discipline opérationnelle devient un instrument de développement.

Dans un pays où la banque reste un levier décisif de transformation économique, son parcours rappelle une vérité simple : les grandes croissances bancaires ne se construisent pas seulement sur l’intuition commerciale. Elles se construisent sur la confiance, la conformité, la qualité d’exécution, la solidité des équipes et la capacité à lire l’économie réelle. C’est sur ce terrain que Francesco De Musso imprime aujourd’hui sa marque à BGFIBank RDC.

Mérimé Wilson

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