Directeur général adjoint de Baobab RDC depuis novembre 2023, Kevin Tshibasu Ilunga a construit son parcours à la rencontre de la gestion financière, de l’audit et du management. Une trajectoire qui éclaire la place de l’expertise technique dans la conduite des institutions financières congolaises.
Pendant des années, Kevin Tshibasu Ilunga a examiné l’entreprise depuis l’endroit où se vérifie sa solidité : ses comptes, ses procédures, ses dispositifs de contrôle. Puis son parcours l’a conduit à prendre part aux décisions qui engagent son développement. À la direction générale adjointe de Baobab RDC, il exerce aujourd’hui aux côtés de Sandrine Mayindombe, directrice générale de l’institution de microfinance.
Ce passage de l’audit aux responsabilités exécutives donne sa cohérence à sa trajectoire. Il permet de lire son ascension comme un élargissement progressif du regard : comprendre les mécanismes d’une organisation, en examiner les fragilités, puis participer à sa conduite. Chez Kevin Tshibasu Ilunga, la connaissance de l’institution précède ainsi l’accès à sa direction.
Kinshasa, premier ancrage d’un parcours financier
Sa formation se construit à l’Université de Kinshasa, où il étudie la gestion financière entre 2006 et 2010 et obtient sa licence avec distinction. Il y exerce ensuite comme assistant d’université, de mars 2010 à septembre 2012.
Cette première expérience inscrit ses débuts dans un environnement de transmission et d’analyse. En parallèle, il approfondit les dimensions pratiques de la comptabilité. En 2011, des formations suivies auprès du Conseil permanent de la comptabilité au Congo portent notamment sur les opérations courantes, la réévaluation des immobilisations, le traitement comptable des impôts et taxes en RDC ainsi que l’initiation à l’audit financier.
L’ensemble dessine un socle précis : une formation universitaire en finance, complétée par une attention aux règles comptables et à leur application dans l’environnement congolais. Ces acquis trouvent bientôt un terrain d’exercice plus large.
Chez PwC, l’apprentissage des organisations
En septembre 2012, Kevin Tshibasu Ilunga rejoint PwC à Kinshasa comme auditeur financier. Jusqu’en décembre 2015, ses missions concernent principalement le secteur bancaire, mais aussi des projets financés par la Banque mondiale et des entreprises industrielles.
Cette diversité compte dans la lecture de son parcours. Une banque, une entreprise industrielle et un projet de développement obéissent à des logiques distinctes. Leurs ressources, leurs engagements et leurs circuits de décision doivent pourtant pouvoir être examinés avec la même exigence de fiabilité.
L’audit offre précisément cette profondeur de lecture. Derrière les états financiers apparaissent des choix d’organisation, des responsabilités et des risques. Pour un futur dirigeant, cette expérience constitue un point d’appui : elle apprend à relier un résultat aux mécanismes qui l’ont produit.
Près de huit ans au cœur de l’audit interne
En décembre 2015, il rejoint l’audit interne de l’institution qui deviendra Baobab RDC. Cette précision historique importe : le groupe Microcred, aujourd’hui Baobab, entre au capital d’Oxus RDC en 2017 ; l’institution adopte ensuite la dénomination Baobab RDC en 2020.
Kevin Tshibasu Ilunga inscrit donc son expérience dans une continuité qui traverse plusieurs étapes de cette évolution. Responsable de l’audit interne, puis directeur de l’audit interne à partir de mai 2023, il consacre près de huit années à cette fonction avant son passage à la direction générale adjointe.
La durée distingue ici son profil. L’auditeur externe intervient sur des missions délimitées ; l’audit interne s’inscrit dans la vie de l’organisation. Il permet d’observer les procédures à l’épreuve du fonctionnement quotidien et de suivre les réponses apportées aux difficultés identifiées.
On peut ainsi lire cette longue séquence comme une préparation à des responsabilités plus transversales. Elle donne à sa progression une profondeur institutionnelle, au-delà de la seule succession des titres.
Changer de responsabilité, élargir le regard
En novembre 2023, Kevin Tshibasu Ilunga devient directeur général adjoint de Baobab RDC. Le rapport Pilier III consacré à l’exercice 2023 porte également sa signature en cette qualité.
La transition modifie la nature de sa contribution. À la direction, l’analyse doit nourrir les arbitrages, les priorités doivent devenir compréhensibles pour les équipes et les décisions doivent trouver leur traduction dans l’activité.
Dans la microfinance, cette articulation revêt une portée particulière. Financer un besoin de trésorerie ou le développement d’une petite entreprise suppose d’apprécier une activité réelle, ses contraintes et ses capacités de remboursement. La qualité de l’accompagnement dépend aussi de celle des mécanismes qui encadrent la décision. Le parcours d’un auditeur prend tout son intérêt à cet endroit : dans la relation entre l’ambition de financer et les conditions qui permettent de le faire durablement.
Construire avec les équipes
Ses prises de parole publiques donnent un prolongement concret à cette lecture. Kevin Tshibasu Ilunga y évoque des séminaires d’évaluation avec les équipes opérationnelles et commerciales, ainsi qu’un travail de réflexion avec les responsables du recouvrement. Il insiste sur l’analyse des réalisations, les enseignements à tirer et l’ajustement des priorités.
Il développe aussi une distinction entre les managers qui construisent les fondations d’une organisation et ceux qui en accompagnent le développement. Cette réflexion laisse apparaître l’importance qu’il accorde aux processus et à la structuration des équipes.
Ces propos éclairent sa conception du management sans suffire, à eux seuls, à en mesurer les résultats. Ils rejoignent toutefois le fil de son parcours : porter attention à la manière dont une organisation fonctionne pour mieux participer à son évolution.
À la direction générale adjointe de Baobab RDC, cette exigence rencontre désormais une responsabilité collective. La précision de l’analyse doit se prolonger dans la clarté des décisions, puis dans le travail quotidien des équipes. C’est sur ce terrain que se poursuit sa trajectoire de dirigeant.
Oswald M





