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Jean-Claude Atusameso, le prêtre-entrepreneur qui bâtit des passerelles économiques entre la RDC et les États-Unis

À Washington, en décembre 2022, les minerais congolais occupent naturellement une place centrale dans les échanges du Sommet États-Unis–Afrique. Jean-Claude Atusameso choisit pourtant d’élargir la conversation. Face aux investisseurs américains, il attire également l’attention sur le café arabica produit en République démocratique du Congo. Une intervention révélatrice de son approche : promouvoir le potentiel congolais sans réduire le pays à son sous-sol.

Prêtre, dirigeant d’entreprise, responsable associatif et promoteur des investissements, Jean-Claude Atusameso évolue depuis plus de vingt ans à l’intersection de plusieurs univers. Son parcours raconte surtout la transformation progressive d’une vocation de service en une ambition économique : mobiliser les réseaux, les capitaux et les compétences de la diaspora au profit du développement de la RDC.

Du ministère pastoral au développement communautaire

Sa trajectoire prend racine dans une solide formation philosophique. Entre 1991 et 1994, il étudie la philosophie et la métaphysique au Grand Séminaire de Kalonda, avant de poursuivre une formation en droit canonique à la Catholic University of America.

À la fin des années 1990, il exerce comme vicaire paroissial à la Mission catholique de Bengi, puis à la paroisse Notre-Dame du Congo. Cette expérience pastorale paraît avoir durablement structuré sa conception du leadership : proximité avec les communautés, attention portée aux plus vulnérables et recherche de solutions inscrites dans le temps long.

En 1999, il lance la Jatukik Providence Foundation. Présente entre Washington et Kinshasa, cette organisation à but non lucratif intervient dans la lutte contre la pauvreté, l’éducation, la santé et le développement communautaire. Elle constitue la première pièce d’un écosystème que Jean-Claude Atusameso étendra ensuite au commerce, à l’investissement et au financement.

Construire une architecture économique transatlantique

À partir de 2013, son parcours prend une dimension plus entrepreneuriale avec Trust Ivory Coast, puis Jatukik Providence Group. En 2018, il devient CEO de Global Infrastructure, Commodity and Finance LLC, une structure positionnée, selon son profil professionnel, sur les infrastructures, les matières premières et la finance.

L’étape la plus structurante intervient en novembre 2019 lorsqu’il prend la présidence de la Congo New Chamber of Commerce in the US. Installée à Washington, cette chambre se donne pour mission de promouvoir les possibilités d’investissement en RDC auprès des entreprises et investisseurs américains.

Jean-Claude Atusameso endosse alors un rôle de facilitateur. Il cherche à rapprocher deux espaces qui se connaissent encore insuffisamment : d’un côté, une économie congolaise riche en ressources naturelles et en besoins d’infrastructures ; de l’autre, des capitaux américains exigeant des projets lisibles, des partenaires identifiables et des mécanismes de conformité crédibles.

Les minerais au centre d’une équation de confiance

Depuis juin 2022, il préside également Congo Minerals LLC, présentée comme une société de négoce mettant en relation les producteurs congolais avec des entreprises et des raffineries internationales. Ce positionnement touche à l’un des enjeux les plus sensibles de l’économie congolaise : transformer l’abondance minérale en revenus transparents, en investissements productifs et en développement local.

Dans cette industrie, l’intermédiation ne peut plus se limiter à rapprocher un vendeur et un acheteur. Elle doit intégrer la traçabilité, la vérification de l’origine, la conformité réglementaire, la sécurisation logistique et la confiance financière. C’est précisément sur cette chaîne de crédibilité que Jean-Claude Atusameso entend installer son action.

Son parcours public mentionne par ailleurs un engagement en faveur des législations américaines relatives aux minerais issus de zones de conflit. Cette orientation prolonge la cohérence de son itinéraire : faire du commerce un instrument de création de valeur, mais aussi de responsabilité.

Un leadership hybride qui doit désormais démontrer son impact

La singularité de Jean-Claude Atusameso réside dans cette capacité à relier spiritualité, action communautaire et affaires internationales. Il ne présente pas la philanthropie et l’entreprise comme deux engagements séparés, mais comme les composantes d’une même vision du développement.

La prochaine étape de son parcours se mesurera cependant à des indicateurs concrets : investissements effectivement mobilisés, transactions sécurisées, emplois créés, entreprises congolaises accompagnées et retombées obtenues pour les communautés. La multiplicité des structures qu’il dirige lui donne une surface d’intervention importante ; elle exige également davantage de lisibilité sur les résultats produits.

Dans une relation économique entre la RDC et les États-Unis appelée à devenir plus stratégique, Jean-Claude Atusameso incarne ainsi une catégorie encore rare de leaders de la diaspora : des hommes-ponts capables de parler aux communautés, aux investisseurs et aux institutions. Sa véritable réussite dépendra de sa faculté à convertir ces connexions en projets transparents, durables et transformateurs pour le Congo.

Mérimé Wilson

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