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Dieudonné Ndinga Moukala, le banquier mutualiste devenu la voix du patronat congolais

Élu le 19 juin 2026 à la présidence d’UniCongo pour un mandat de quatre ans, le directeur général des MUCODEC hérite d’une mission délicate : faire du secteur privé un interlocuteur incontournable de la puissance publique, dans une économie en quête de diversification.

Le vote a eu valeur de plébiscite. Réunis en assemblée générale élective à Pointe-Noire, les membres de l’Union patronale et interprofessionnelle du Congo ont porté Dieudonné Ndinga Moukala à leur tête à l’unanimité, par un vote à main levée qui consacrait un consensus déjà installé. Candidat unique, il succède à Michel Djombo, appelé au gouvernement comme ministre du Développement industriel, des Zones économiques spéciales et de la Promotion du secteur privé. Une passation qui dit beaucoup : lorsque l’État puise ses ministres dans le patronat, celui qui reprend le flambeau patronal devient de facto l’un des hommes les plus écoutés du pays.

Ndinga Moukala n’arrive pas en terrain inconnu. Vice-président d’UniCongo avant d’en assurer l’intérim à partir du 28 avril 2026, il connaît la maison et ses équilibres. Surtout, il apporte à la fonction la légitimité de son métier. Directeur général des Mutuelles congolaises d’épargne et de crédit, il pilote un réseau mutualiste dont l’ancrage territorial et la base de sociétaires en font l’une des institutions financières les plus capillaires du Congo. C’est une école singulière : la finance de proximité enseigne ce que les bilans consolidés ne montrent pas, la réalité économique des commerçants, des artisans, des salariés et des PME qui constituent le tissu productif réel du pays.

Sa feuille de route assume trois priorités. Renforcer l’influence du secteur privé dans les décisions publiques, afin que les politiques économiques épousent les réalités des entreprises. Poursuivre l’amélioration du climat des affaires dans une logique de résultats concrets. Développer enfin des services à forte valeur ajoutée pour les adhérents, avec un programme d’accompagnement structuré des PME locales, dont il veut faire des acteurs de la diversification hors pétrole. Autour de lui, un bureau resserré : Christophe Pujalte à la première vice-présidence, Moïse Kokoto à la deuxième, Bourcelie Ampion à la trésorerie générale.

Son premier discours a donné le ton d’un mandat placé sous le signe de la responsabilité plutôt que de l’honneur : la confiance reçue, a-t-il déclaré, n’est pas un privilège mais une mission, reçue avec humilité et assumée avec détermination. Dans un pays où le dialogue public-privé a souvent oscillé entre méfiance et incantation, la méthode Ndinga Moukala se veut celle du praticien : moins de posture, plus de dossiers. Le patronat congolais a choisi un gestionnaire. Reste à transformer le consensus électif en influence effective.

Mérimé Wilson

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